Publié le 12 juin 2026

Modifié le 12 juin 2026

Cycle S — Faire transition sans faire exclusion

Retour sur le deuxième séminaire du Cycle S206 – Cycle Supérieur de la transition écologique (Bordeaux, 26–28 mai)

Comment transformer les territoires sans renforcer les fractures sociales existantes ? Comment adapter les villes au changement climatique tout en préservant leur habitabilité et leur accessibilité ? À quelles conditions les transformations écologiques deviennent-elles acceptables, désirables et réellement partagées ?

C’est autour de ces questions que s’est tenu à Bordeaux, du 26 au 28 mai dernier, le deuxième séminaire du Cycle S206 – Cycle Supérieur de la transition écologique.

Après Saint-Nazaire en mars, les auditeurs se sont retrouvés en Nouvelle-Aquitaine, territoire particulièrement exposé aux effets du changement climatique : épisodes de chaleur plus fréquents et plus intenses, tensions sur la ressource en eau, érosion accélérée du littoral, transformation des activités agricoles et économiques.

Une quinzaine d’intervenants mobilisés

A Bordeaux, durant trois jours, nous avons croisé les regards d’une quinzaine de chercheurs, d’élus, d’acteurs économiques, associatifs et institutionnels.

Avec Nicolas Duvoux, sociologue, professeur à l’Université Paris 8 et président du Conseil national des politiques de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale (CNLE), Mathilde Mus, chercheuse en sciences cognitives, et Clara Léonard, économiste et cofondatrice de l’Institut Avant-garde, les participants ont exploré les liens entre transition écologique et justice sociale : risques de maladaptation des politiques climatiques, conditions de leur acceptabilité sociale et territoriale, et enjeux de justice associés au financement de la transition.

Les interventions de Guillaume Riou, vice-président de la Région Nouvelle-Aquitaine en charge de la transition écologique, et d’Arthur Keller, spécialiste des risques systémiques et auteur de travaux sur la vulnérabilité du territoire bordelais, ont éclairé les enjeux de résilience territoriale, d’alimentation et de mobilisation des acteurs face aux transformations à venir.

Des visites de terrain pour comprendre les réalités locales

Trois arpentages auprès d’acteurs du territoire ont permis aux auditeurs d’appréhender concrètement les défis de l’adaptation et de la transition écologique :

  • le secteur vitivinicole de Nouvelle-Aquitaine, confronté à l’évolution des conditions climatiques et à la nécessaire transformation de ses pratiques de production.

  • La ville de Cenon, au sein de Bordeaux Métropole, où se cumulent des vulnérabilités sociales, environnementales et territoriales, mais où sont également expérimentées des réponses innovantes en matière de gouvernance territoriale et d’aménagement. 

  • Le secteur du logement social, à travers l’exemple de Domofrance, confronté aux enjeux d’adaptation du bâti et de protection des habitants les plus vulnérables aux fortes chaleurs, et de maîtrise des coûts.  

Des projets collectifs pour expérimenter la coopération

Le Cycle S 2026 repose également sur des projets collectifs construits à partir de quatre cas fictifs, au sein desquels les auditeurs sont répartis en équipes.

Durant ces trois jours, un travail important a été mené sur l’outillage des parties prenantes afin d’aider les participants à passer d’une logique de gestion de crise à des stratégies de dialogue plus pérennes, capables de renforcer la confiance entre acteurs et de construire des trajectoires de transition partagées.

Une nocturne autour de la démarche « Où atterrir ? »

Le Cycle S propose également également une « nocturne » par séminaire, un temps plus décalé permettant d’explorer d’autres formes de réflexion, où s’invitent plus volontiers des démarches artistiques.

La nocturne de Bordeaux a été consacrée à la présentation et à l’expérimentation de la démarche « Où atterrir ? », initiée par Bruno Latour et aujourd’hui proposée en Nouvelle-Aquitaine par le collectif Rivage. À cette occasion, plusieurs anciens auditeurs du Cycle Supérieur du Développement Durable (CSDD), aujourd’hui membres du réseau des Cycles, nous ont rejoints, renforçant ainsi les liens au sein de cette communauté d’apprentissage.